
12 septembre 1988
La revanche de Méthion
Troisième de la finale de la coupe de France 87 après de nombreux déboires, le racingman s'est imposé avec panache. A aucun moment, il ne fut véritablement inquiété, battant le record de l'épreuve. Epoustouflant.
La course est lancée depuis une demi-heure. Comme en 87, l'Australien Gabel est sorti en tête de l'eau. Comme en 87, il a vite été rejoint. Dimanche, c'est à Sennecé que s'est opérée la jonction avec le leader du championnat de France, Thierry Henry. Le temps de faire un point et de constater que les deux hommes ont réussi à creuser une premier écart. Substantiel : 45". L'épreuve à avaler les faux-plats de Clessé avant de se lancer à l'assaut du Belvédère, point haut de Burgy. La moto s'attache aux roues de l'homme fort du moment avant de le quitter pour rejoindre le sommet de la principale difficulté de l'épreuve. Nous laissons sur place Henry et emboîtons le pas au gendarme de service. Un virage, deux virages, trois virages... et là, surprise : au bout de la courte ligne droite qui précède le sommet, un cycliste progresse sans difficulté apparente, quelques mètres derrière la voiture ouvreuse.
A fond
Philippe Méthion a pris tout le monde de court. Sorti de l'eau dans l'anonymat, à la suite de l'Australien Gabel et du Varois Amoracca, il avait dû cette discrétion à un dossard sans doute mal affiché. Gabel et Henry qui l'avaient rejoint, menaient un train soutenu et il semblait difficile de faire mieux. Faux : devant, Méthion avait mis le turbo, accroché des ailes à son vélo.
A Burgy, le racingman comptait déjà une avance de deux minutes sur Henry, près de trois sur Gabel qui devançait un petit groupe emmené par le Varois Bourrel. A l'arrivée à Mâcon, l'écart avait gonflé pour passer à 3'20". La course était alors finie. Très efficace dans sa course, attentif au balancement de ses bras, il affichait une autorité exemplaire. Sans failles, Henry l'avait bien compris et s'attachait à préserver sa 2ème place que convoitait l'autre Varois de Spartacus, Jouffret.
Dès lors, il s'agissait de savoir qui allait entrer dans le peloton des dix premiers. Henry, Jouffret, Gabel... et Dafflon maintenaient leur position, de même que Lacaze, Sangnier et Croze. Sept hommes qui n'avaient jamais quitté les avant-postes. A la différence de Prugnaud le Nivernais, meilleur espoir national du moment et très discret dans les deux premières épreuves.
Pointé aux alentours de la 15ème place, il fut l'homme de la fin de course. Tant et si bien qu'au moment de franchir la ligne d'arrivée, c'est en 4ème position qu'il était pointé. Dix mètres à peine devant Dafflon.
Cinq minutes plus tard, Philippe Méthion en avait terminé, battant au passage le record de l'épreuve (1h59'18" contre 1h59'53" par Bertrand en 87). Vainqueur radieux, il venait là de mettre fin à une série de déboires qui avaient en partie gâché sa première année professionnelle. « Je voulais prouver à mes adversaires que je n'étais pas fini, malgré mes nombreux problèmes physiques ; c'est chose faite » nous confiait-il trois minutes seulement après son arrivée. Dans un état de fraîcheur qui en disait long sur sa maîtrise.
Philippe PITAUD
Il a dit
Philippe Méthion : « Je suis d'autant plus satisfait de cette victoire que je n'ai pas pu forcer à l'entraînement.Pour ma première année professionnelle, je n'ai pas été gâté : blessé aux Mureaux où je finis pourtant 2ème, blessé à nouveau à Versailles où je gagne en marchant, j'ai fait un retour prudent à Blois puis à Paris j'ai pris la 6ème place. Tant pis : je me consolerai en terminant en beauté à Nice dans deux semaines ».