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11 juillet 1989
Sylvain Dafflon : Monsieur courage
Jamais Mâcon n'a connu une telle fête. Une débauche d'efforts où les damnés de l'eau et de la route s'étaient donné rendez-vous. Toute l'équipe du T.M.C. était là et bien présente : le président Patrick Petitjean, en tête, avait derrière lui tous ceux dont la mission est de servir, Christian Martin, Michel Petun et tous les autres. Ils ont uvréde belle manière pour que cette épreuve soit belle, très belle.
Ici, pas de suceur de roues. Interdit. C'est la défonce pour la défonce. On se bat contre les autres mais aussi contre soi-même. Le mental consiste à repousser toujours plus loin la limite. L'homme est décidément un drôle d'animal. Jusqu'où et à quel prix ? Il est vrai que les triathlètes sont suivis médicalement. Ils passent des tests avec un grand sérieux. Mais l'entraînement pratiqué est-il passé sur les tests ? La réponse ne nous est pas donnée.
Dans cette formidable chasse à la place et au temps, les Mâconnais ont particulièrement brillé. D'abord Sylvain Dafflon, ensuite Patrick Petitjean.
Sylvain Dafflon est jeune, très jeune. Hypothèque-t-il son avenir en accumulant les compétitions à un rythme trop élevé ? L'avenir nous le dira. Cela dit, le Mâconnais a impressionnéson monde. En sortant de l'eau à la 12e place, on a pu entrevoir ses énormes possibilités. Fait significatif à Burgy au Belvédère, il passait en 8e position. C'est à dire qu'il avait comblé une bonne partie de son retard sur les Australiens qui, ne l'oublions pas, figurent parmi les meilleurs du monde. Malheureusement, Sylvain craqua. Il fit le 48e temps sur 10 km en course à pied. Le jeu n'y était plus. Le mental atteint, Sylvain Dafflon devait puiser loin, très loin, dans son organisme pour continuer et terminer. Une étoile est passée. Quand on connaît les qualités humaines et physiques du garçon, on sent qu'il peut aller loin. Mais qui veut aller loin, ménage sa monture.
Patrick Petitjean fut follement acclamé par une foule toute acquise à la cause qu'il défend. Le président du T.M.C. nous a impressionnépar sa dignité dans l'effort. A la tête de son organisation, il donnait l'exemple. La belle aventure continue.