27 novembre 1989

TRIATHLON-MÂCON-CLUB
LES FRUITS DE LA CROISSANCE

Comme vous avez pu le lire dans notre édition d'hier, le T.M.C. a accompli un joli bout de chemin depuis sa naissance. Et il n'a pas attendu d'avoir 7 ans pour atteindre l'âge de raison. Du premier triathlon organisé à Mâcon en 1983 au triathlon international de cette année, rien de comparable, si ce n'est cette foi qui animait les pionniers. Cette foi a soulevé les montagnes d'indifférence (au mieux) érigée sur les premiers parcours des "hydrocyclopèdes", ces enfants nés d'une union entre l'élément liquide et l'élément solide. L'évolution fulgurante a montré qu'il fallait démythifier ce sport pratiqué par des hommes et non pas des extra-terrestres. Le triathlon est l'un des jalons de l'aventure sportive humaine, comme l'ont été le football, le rugby, l'athlétisme ou encore la natation. Les défricheurs sont toujours des incompris, mais l'Histoire leur donne raison.

Pour le triathlon, les sourires ironiques qui fleurissaient, ça et là, au coin des lèvres barbouillées de scepticisme, se sont vite évanouis. En peu de temps, ce sport tridimensionnel a construit un mur de crédibilité. Bien sûr, un 1500m bouclé dans l'eau en 20 minutes ferait ricaner un Wladimir Salnikov ; bien sûr, le coup de pédale de Rob Barel ou de Sophie Delemer n'a pas la même puissance que celui d'un Laurent Fignon ou d'une Janie Longo ; bien sûr, Méthion ou Allen auraient du mal à sauter dans la foulée de Cram ou d'Aouita. Et alors ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des sportifs qui sont sous les 15 minutes au 1500 m nage libre ou sous les 13 minutes au 5000 m ?

Reste que le triathlon est un sport à part entière. Le fait qu'il nous propose un triptyque ne change rien à l'affaire. Le décathlon, addition de 10 épreuves, est bien le plus beau fleuron du premier des sports olympiques.

La reconnaissance du mouvement sportif international

Puisqu'il est question de sports olympiques, précisons que le triathlon devrait faire son entrée aux J.O. de 1996. Comme le confiait Jean Cote vendredi soir, Juan Antonio Samaranch, président du Comité international Olympique, manifeste beaucoup pour ce sport. C'est assurément de bon augure pour l'avenir du triathlon qui récolte les fruits de sa croissance. 63 pays sont aujourd'hui affiliésà la Fédération internationale. La France compte plus de 330 clubs et 10000 licenciés (tous pratiquants), au sein non plus d'un comité mais d'une fédération. Au delà d'un simple changement de structure juridique, il faut y voir la reconnaissance officielle par l'ensemble du mouvement sportif. Enfin, à Mâcon, l'évolution a été tout aussi considérable, comme l'ont rappelé vendredi soir Patrick Petitjean et les autres intervenants. Celle-ci s'est d'ailleurs traduite par un changement d'appellation, le Triathlon-Mâcon-Club subrogeant le Triathlon-Marathon-Club. Nul ostracisme, en l'espèce, vis à vis du 42,195 km ; mais l'E.A.M. ayant aujourd'hui une section courses sur route bien structurée, le T.M.C. peut désormais concentrer l'essentiel de ses efforts sur le triathlon.

De nombreuses questions furent abordées au fil de cette soirée : création d'un section cyclathlon (un sport en plein boum actuellement ; chacun se souvient de la formidable réussite du cyclathlon de la Roche Vineuse) au sein du T.M.C., évolution du triathlon au niveau national (nomination d'un D.T.N., Bernard Pages, qui vient du volley-ball, lancement d'un nouveau championnat, mise en place de stages et de centres d'entraînement, etc...), la nécessité du suivi médical ou encore la volonté affirmée de lutter contre ce cancer du sport, le dopage. Bref, un débat dynamique, bien dans la ligne d'un sport qui poursuit à pas de géant sa marche en avant...