26 novembre 1989

Dans le sens de l'Histoire...

Un grand verre d'eau minérale avant d'attaquer un discours... fleuve. Un enthousiasme qui n'a jamais déraillé et un rapport marathon bouclé au sprint. Patrick Petitjean a conduit l'assemblée générale comme il mène un triathlon. Du grand art !

Le président du T.M.C. - le T.M.C. n'est plus le T.M.C. tout en restant le T.M.C. - reste avant tout un triathlète. Il le revendique bien haut. N'espérez pas le voir endosser le costard austère du notable (style gros pardessus de la F.F.R.) parce que quelques jeunots aux dents longues poussent les "vieux" vers la sortie.

Patrick Petitjean a ce "fighting spirit" cher à nos amis irlandais. C'est assurément une aubaine lorsqu'il s'agit d'animer une assemblée générale qui fut vendredi soir un authentique cocktail de bonne humeur et de décontraction, d'humour et de convivialité. Le président insistera tout particulièrement sur cette dimension relationnelle qui fait du T.M.C. un club bougrement sympathique.

Et un club où chacun s'investit ; pour preuve, l'assistance particulièrement dense, vendredi soir, à l'Escatel, cadre de cette assemblée générale qui s'est tenue en présence de nombreuses personnalités : Jean Cote, président de la toute jeune Fédération Française de Triathlon, Odette Bonhomme, adjointe au maire, chargée des sports, Jean Cognard, représentant l'O.M.S., Henri Pundyk, président de la ligue de Bourgogne, le docteur Christian Martin, médecin de la ligue, Jean-Claude Cranga, responsable de l'animation locale sports et loisirs, Philippe Favreau, président de l'E.A.M., René Vittenet, entraîneur du Stade Nautique, et naturellement les membres du comité du T.M.C. Ceux-ci, ainsi que M. Deletang, Directeur Départemental de Jeunesse et Sport, le docteur Paoli, médecin du sport, et Denis Wuyam, chef d'agence des "Journaux de Saône-et-Loire", participaient au dîner-débat qui prolongeait la réunion et dont nous parlerons dans notre édition de demain, lundi.

Premier constat en ce qui concerne le triathlon : certains scepticismes initiaux ont été balayés telles de vulgaires feuilles d'automne. Le triathlon est devenu adulte en un temps record, aussi bien à Mâcon qu'à l'échelon hexagonal. Né dans la confidentialité, il affiche aujourd'hui une santé éclatante avec ses 336 clubs, ses 10 000 licenciés, et sa nouvelle structure fédérale.

Exit le Conadet, bonjour la Fédération ; exit le Triathlon Marathon Club, bonjour le Triathlon Mâcon Club : il existe de grandes similitudes entre le niveau local et le niveau national : "je crois que nous avons, à l'image de notre sport, atteint notre pleine maturité" expliquait Patrick Petitjean. L'adéquation entre les objectifs définis en début de saison et les résultats obtenus est révélatrice. En 1989, le T.M.C. se situe à une remarquable 11ème place nationale ; il est numéro 1 en Bourgogne devant Nevers. Et nombre de ses représentants ont brillé dans les différentes épreuves, comme l'a souligné Pierre Bagne dans son rapport d'activité. Le T.M.C. a eu trois athlètes sélectionnés aux premiers championnats du Monde d'Avignon (Sylvain Dafflon, superbe médaille de bronze dans sa catégorie d'âge), deux athlètes sélectionnés en équipe de France espoir pour le championnat d'Europe à Genève (S. Dafflon, toujours lui, 4ème, à 3 secondes du podium), et un titre de champion de France pompiers avec Sébastien Fabre.

Le T.M.C., c'est aussi de nombreux jeunes pousses qui augurent bien du futur du club : Samuel Piereclaud, Hervé Dafflon et les autres.

Objectif : le Top Ten

L'équipe compétition, renforcée par l'arrivée d'éléments de première valeur - Eric Flamand, Fabien Rimet, Sophie Delemer, Armelle Caillet, Isabelle Delemer ; pour certains il s'agira d'un retour aux sources - videra une place dans le "Top Ten" la saison prochaine. Le T.M.C. a les moyens de ses ambitions. "La mise en place du nouveau championnat imposera de très lointains et donc très onéreux déplacements. D'ores et déjà, des entreprises mâconnaises ont joué la carte du T.M.C. et je voudrais associer à cette assemblée générale, la société Ecco Travail Temporaire, représentée par Mme Pesse, les établissements Gounon (Peugeot-Talbot), représentés par M. Dufraigne, vieux partenaire du triathlon, et la société Avis, sponsors officiels du club pour 1990", déclarait en substance Patrick Petitjean. Celui-ci n'oubliait pas d'associer la mairie de Mâcon dont l'aide (subvention, allocation de bourses, apport en matériel, etc...) est importante.

Le président a par ailleurs invoqué la 8ème édition du triathlon international qui aura lieu le 23 septembre. Doté d'un coefficient 3, il figure parmi les huit organisations françaises reconnues et classées en élite.

1er club de Bourgogne

Avec ses 79 licenciés (c'est le club le plus important de Bourgogne), avec des finances saines (et un autofinancement à 75%) comme l'a clairement démontré le trésorier Alain Lecuelle, avec une équipe compétition motivée et talentueuse, avec un président qui conjugue l'enthousiasme, le sérieux et l'humour, avec cette convivialité qui fait plaisir à voir, le triathlon a assurément de beaux jours à vivre à Mâcon.

Jean Cognard et Odette Bonhomme, au nom de l'O.M.S. et de la municipalité, se sont félicité de cette trajectoire lumineuse qui n'en finit pas de grimper dans le ciel de la cité. Une remise de récompenses aux athlètes particulièrement méritants ponctuait cette assemblée générale. Après l'apéritif, offert par l'hôtel Escatel, les participants se retrouvaient autour d'une table pour un dîner-débat où furent abordées nombres de questions relatives au triathlon et à son évolution. Nous y reviendrons dans notre édition de lundi.

Jean-Michel BONNET