2 juillet 1991

Encore plus près des étoiles...

Reboul, Dafflon et Fabre dans les 15 premiers en seniors, Pierreclaud 3e (version affective) ou 4e (version ordinateur) en juniors : le Triathlon-Mâcon-Club n'en finit pas de grimper vers les sommets pour s'en aller cueillir des étoiles...

Ils étaient venus, ils étaient tous là, pourrait-on chanter sur l'air de la Mama de ce bon Charles Aznavour. « C'est le meilleur plateau français jamais présenté sur un triathlon », confiait Patrick Petitjean, le président-triathlète. Pas un gros bras ne manquait samedi à Versailles ; et pour cause. Ce championnat de France réunissait les sélectionnés des différentes ligues de l'Hexagone. En outre, l'épreuve, sélective pour la constitution des équipes nationales, avait tout pour aiguiser les appétits. Philippe Méthion, très discret cette saison, ne faisait pas de mystère de ses ambitions : son principal objectif, c'était le championnat de France, un rendez-vous préparé avec le plus grand soin par le brillant sociétaire de Poissy.

Méthion, le Roi Soleil...

Philippe Méthion est bien l'as des catégories A : pour preuve, s'il en était besoin, le fabuleux chrono réalisé sur un triptyque pas spécialement facile avec son épreuve de natation originale, sorte de boulevard aquatique tracé dans la pièce d'eau du château, avec encore un parcours vélo jouant les montagnes russes (une grosse bosse de 17%, entre autres réjouissances) et avec, enfin, un circuit pédestre serpentant joliment entre les allées et les sous-bois, chemins que Louis XIV a dû emprunter voilà trois siècles mais à un rythme sans doute moins soutenu.

Il n'a pas fallu plus de 1h53' à Méthion pour boucler le tout ; un chrono d'autant plus étincelant que les distances étaient un tantinet plus longues que d'ordinaire (42 km à vélo et 11 km en course à pied). Les 188 autres concurrents ne pouvaient pas suivre ce train d'enfer, même pas Yves Cordier. Le monégasque terminait à une minute pile et le deuxième larron de Poissy, Patrick Girard, à 3'30" du vainqueur. C'est assez dire si Méthion a écrasé l'épreuve. Il ne sera sans doute pas loin de la plus haute marche du podium lors des prochains championnats d'Europe.

Du grand T.M.C.

Dans ce concert de virtuoses, le Triathlon-Mâcon-Club a su faire entendre sa voix. C'est bien sûr tout le contraire d'un scoop quand on connaît les aptitudes mâconnaises dans l'exercice exigeant du triple sport. Mais on ne les attendait peut-être pas en si bonne place, avec toute cette kyrielle de cadors bien faite pour tempérer les optimismes initiaux.

Parvenir à placer trois athlètes dans les 15 premiers d'une telle course est un authentique exploit : Gilles Reboul, 11e en 2h01'20", Sylvain Dafflon, 12e en 2h01'40", Sébastien Fabre, 15e en 2h02'45", Jean-Louis Elne, 39e en 2h03'35", Patrick Petitjean, 48e en 2h04'50", Eric Flamand, 108e en 2h10'45", ont fait très largement honneur à leurs couleurs. D'autant qu'il faut ajouter à ce fabuleux tir groupé la performance de premier ordre de Samuel Pierreclaud en junior, 4e. Et encore, sans une erreur de jeunesse, Sam aurait décroché la médaille de bronze. En effet, plutôt que de sprinter pour semer un Lancia accroché à ses basques, il l'attendait ; tous deux arrivaient main dans la main, comme Hinault et Lemond, voilà quelques années dans l'une des fameuses étapes de montagne du Tour de France.

Sam au grand cœur...

Si l'éthique retenait une place de 3e ex-aequo, l'ordinateur, ce monstre froid totalement insensible à la beauté du geste, le classait 4e. Mais pour autant de cœur, de fair-play, de bravoure et de grandeur d'âme, il serait injuste d'en vouloir à Sam. Dans un univers sportif souvent pitoyable, son attitude ne manque pas de noblesse. L'épreuve junior était remportée par François Chabot (Salon-de-Provence) en 2h00'30", devant Minier (Sablé), Rémi Lancia (Andrézieux) et Samuel Pierreclaud en 2h02'20". Norman Soler terminait à une excellente 8e place en 2h06 et Hervé Dafflon à la 32e en 2h10'. Quant à Fabian Rimet, il abandonnait à l'issue du parcours cycliste.

2e par équipes si...

Précisons que ces différents classements devront attendre l'homologation pour être entérinés. Certaines modifications ne sont pas à exclure tant le bal de Versailles s'est donné le tournis avec... une valse qui n'a pas la légèreté aérienne des œuvres de Johann Strauss puisqu'elle est l'addition des couacs observés durant l'épreuve. Poulat a notamment perdu une place sur le podium en raison de pénalités.

Versailles ne délivrait pas de classement par équipes : et pour cause, il s'agissait de championnats de France individuels. Mais si l'on s'amuse au petit jeu des projections, on s'aperçoit que Mâcon aurait terminé deuxième derrière sa majesté Poissy. C'est assurément de bon augure pour la finale de la coupe de France, le 21 septembre, à Sète : car dans la cité chère à Brassens, la dimension collective sera prise en compte.

Mais les sociétaires du Triathlon-Mâcon-Club ne vont pas attendre les flots de la Grande Bleue pour replonger dans le grand bain du triathlon. Le prochain rendez-vous est fixé a 14 juillet avec le triathlon de Dijon, un catégorie B plein de promesses. La cité des ducs accueillera entre autres le roi Poissy, histoire d'allumer des feux d'artifice dans le ciel de Bourgogne. Le 14 juillet ne demande pas d'autre chose...

Jean-Michel BONNET