Date indéterminée début septembre 1991

Samuel Pierreclaud au bout du monde...

La continuité est assurée. L'an dernier, Sébastien Fabre portait la bonne nouvelle du triathlon mâconnais aux championnats du Monde d'Orlando. Cette année, cette tâche exaltante revient à Samuel Pierreclaud. Direction l'Australie, ses kangourous, ses surfers, sa barrière de corail et son triathlon...

Au même titre que l'Amérique, l'Australie est une terre de triathlon. Greg Welsh n'est-il pas devenu, au nez et à la barbe de l'Oncle Sam, champion du monde en 90 en Floride ? C'est assez dire si cette ballade au bout du monde aura des allures de voyage initiatique pour Samuel Pierreclaud, le junior nageant (bien), pédalant (fort) et courant (vite) du Triathlon-Mâcon-Club.

« J'ai vécu cette année sur un nuage ». Un nuage qui gambade joyeusement dans le ciel bleu de la saison 91 et dont le périple s'achèvera le 13 octobre, de l'autre côté du globe, à 20000 kilomètres de notre douce France. Oui, cette année fut bien l'année de tous les bonheurs pour Samuel Pierreclaud, champion de France U.N.S.S. de triathlon, 7e, et 1er français, aux championnats d'Europe juniors à Losheim (Allemagne), et sélectionné pour les championnats du Monde en octobre, sur les rivages de la Gold Coast, en bordure orientale de l'Australie. Encore convient-il d'ajouter les performances extrasportives de Sam, à savoir le permis de conduire obtenu du premier coup, et encore surtout, la réussite au baccalauréat. Cela fait beaucoup pour un seul homme, mais notre triathlète au long cours n'a usurpé aucun de ses bonheurs. Il y a mis tant de feu et de passion. En plus, le garçon est diablement sympa et sa joie ne peut être que communicative.

Dans la foulée de papa...

Tour remonte à 87, date à laquelle le fiston se lance sur les traces paternelles. Jean-Paul Pierreclaud est en effet l'un des pionniers du triple sport dans la cité lamartinienne. Venu de la natation, Samuel n'a pas hésité à ajouter deux cordes à son arc, en l'occurrence, le vélo et la course à pied, pour trouver son épanouissement. Il ne doit pas regretter ce choix aujourd'hui.

Samuel est entré piano, voire pianissimo, dans la carrière, histoire de ne pas se brûler les ailes. Cela ne l'empêche pas de devenir champion de France U.N.S.S. minime en cette année 87 à Bar-le-Duc. L'année suivante, le jeune Pierreclaud participe essentiellement à des courses promotion. Il passe à la vitesse supérieure en 89 et goûte quelques épreuves de catégorie A. C'est ainsi qu'il participe, avec ses potes Sylvain et Sébastien, aux premiers championnats du Monde en Avignon. Mais c'est l'année 90 qui marque le véritable envol de Samuel. Avec le Triathlon-Mâcon-Club, auteur d'une lumineuse saison, il poursuit son apprentissage au travers de sept ou huit épreuves. Il récolte par ailleurs une nouvelle médaille sur la 3e marche du podium des France U.N.S.S. à Bombannes, dans la région bordelaise.

Une grande saison

Sam a donc poursuivi son grand bonhomme de chemin cette saison. Sans dresser une liste exhaustive de ses performances, il n'est pas inutile de revenir sur les plus significatives : champion de France U.N.S.S. junior à Chalain le 2 juin, le jour du triathlon de Mâcon, champion de Bourgogne junior F.F.TRI la semaine suivante à Chalon, une 3e place aux championnats de France de Versailles dans sa catégorie d'âge le 29 juin et une remarquable 7e place européenne à Losheim. En raison du déclassement de Stéphane Poulat, le Mâconnais a été le leader des bleus en Allemagne, le 27 juillet dernier, d'une épreuve remportée par le très international Simon Lessing : d'origine Sud-africaine. Il est naturalisé anglais et licencié à Salon-de-Provence. Bonjour les voyages ! En prenant la 7e place, Samuel a largement contribué à la 3e place de la France au classement par équipes.

Question voyage, Samuel ne va pas être déçu avec ces championnats planétaires disputés aux Antipodes, championnats précédés d'un stage en Nouvelle-Calédonie pour les équipes de France : juniors et seniors, garçons et filles. Seule ombre au tableau, notre garçon craint la chaleur, ce qui est bien sûr un handicap lorsque les épreuves sont programmées sous des latitudes plutôt généreuses en ensoleillement. Mais après tout, mieux vaut transpirer un peu plus que de claquer des dents sous le ciel de Sibérie !

Comme un poisson dans l'eau...

Cette sélection est une très belle récompense pour cet athlète attachant, qui s'entraîne avec sérieux (17 à 18 heures par semaine) sans jamais se prendre au sérieux ; à l'image de son club, d'ailleurs, au sein duquel il se sent comme un poisson dans l'eau. Ainsi, avant de s'envoler le 25 septembre pour les contrées paradisiaques de la Nouvelle-Calédonie, Sam sera avec son club au triathlon de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), le 8 septembre, et naturellement à la finale de la coupe de France, le 21 septembre, à Sète.

Agé de 19 ans, Samuel sera encore junior l'année prochaine, ce qui ne manque pas de lui ouvrir des perspectives intéressantes. Son talent, d'ailleurs, ne passe pas inaperçu : plusieurs partenaires économiques, notamment les lunettes Bollé et les chaussures Carnac, lui apportent une aide personnelle. Ces sponsors individuels contribuent ainsi à la réussite sportive d'un triathlète particulièrement méritant.

Bac en poche, Sam a décidé de faire des études d'Histoire à l'Université de Dijon. A l'image de cette année 91 où il était élèves en Terminale A au lycée René Cassin, il s'efforcera de mener de front études et sport de haut niveau. En gagnant sur les deux tableaux...

Jean-Michel BONNET