1 décembre 1991

Des jambes, du cœur et une âme…

Des résultats au plus haut niveau, mais aussi un esprit club. Telle est la subtile alchimie qui fait du T.M.C. un club où il fait bon vivre le (triple) sport...

Deux tours d'horloge, autant dire que l'assemblée générale du Triathlon-Mâcon-Club s'est offert un catégorie A, distances olympiques ! Avec un Patrick Petitjean au sommet de sa forme pour conduire le bal. L'assemblée s'est tenue vendredi soir dans la salle de réunion du palais des congrès, en présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles Odette Bonhomme, adjointe au maire, chargée des sports, Armand Bouclier, inspecteur départemental Jeunesse et Sports, Michel Brun, président de l'O.M.S., Henri Pundyk, président de la ligue de Bourgogne de Triathlon, Jean-Claude Cranga, directeur du service des sports de la ville de Mâcon et en présence de tout le staff du T.M.C..

Gare à l'inflation

"Fort physiquement mais fragile moralement." Patrick Petitjean a le sens de la formule. Si le T.M.C. affiche pour la seconde année consécutive un bilan sportif tout à fait remarquable, le président n'en garde pas moins la tête sur les épaules. Première source d'inquiétude, les risques de dérapage inflationnistes d'un sport qui brasse de plus en plus d'argent. Il aura l'occasion d'y revenir longuement au fil de son rapport moral.

"1991 fut une fantastique année sportive", confiait-il en préambule, rappelant la 3ème place du T.M.C. au championnat de France - sur 420 clubs - et la brillante épopée de la coupe de France, le 21 septembre à Sète.

Mais sur la nouvelle formule du championnat, Patrick Petitjean n'a pas caché ses réticences : "J'ai préféré 90 et son circuit en nationale 1. 91 a fait la part trop belle aux spéculations".

Pour rester dans le chapitre spéculatif, Patrick Petitjean a déploré le rôle grandissant de l'argent. "91 est l'année où j'ai le plus mal ressenti le poids immodéré de l'argent. Je sais les sacrifices des triathlètes, mais cette inflation est déraisonnable. La surenchère dans la grille des épreuves devient malsaine. Il faut revenir à une certaine morale".

Un esprit club

Pas question que le T.M.C. ressemble un jour à l'armada de Poissy où la course au cacheton tient lieu de vie de club. Mais le haut niveau n'exclut pas forcément la convivialité. Pour preuve, le Triathlon-Mâcon-Club : les résultats au plus haut niveau côtoient les traits d'humour d'un Patrick Bichet, champions et anonymes marchent main dans la main, et la passion anime les dirigeants et les différents partenaires du club. Patrick Petitjean devait rendre un hommage appuyé à tous ceux qui œuvrent ainsi pour le plus grand bien du triple sport dans la cité : toute l'équipe du comité avec Annick et Jean-Paul Gallet, la ville de Mâcon pour son soutien, tant financier que logistique, le conseil régional, le conseil général et les principaux sponsors : Gounon, Synergie, Enervit, New-Balance, Avis, Les Rapides de Saône-et-Loire, M. Puppier des Cycles Mâconnais.

Et 92 ? "On se battra pour garder notre place" déclarait le président an ajoutant que l'équipe compétition serait sensiblement la même que cette année.

Mais la saison à venir sera moins facile à vivre avec la fermeture de la piscine. Des stages et des week-end seront organisés pour pallier ce manque aquatique. Enfin, des sections seront créées la saison prochaine : duathlon, sport géré par la F.F.TRI, section loisirs, création d'une école de triathlon.

3ème club de France

Avec 92 licenciés et 2 arbitres, le T.M.C. est le second club de Bourgogne. Mais il est très largement premier au plan des résultats, comme le confiait Jean-Paul Gallet, secrétaire. Des résultats commentés par Eric Flamand après le rapport financier, "son et lumière" de chiffres présenté par Alain Lecuelle.

De Huguette Auboeuf, championne de France vétéran à Samuel Pierreclaud, sélectionné aux championnats du Monde juniors en Australie en passant par Sylvain Dafflon, 6ème au championnat de France de Versailles, ou Gilles Reboul, vice-champion du Monde militaire, le T.M.C. a encore écrit quelques unes des plus belles pages de son histoire. Nous n'en dresserons pas une liste exhaustive, les exploits des triathlètes mâconnais étant largement commentés tout au long de l'année.

1992 marquera le 10ème anniversaire du triathlon de Mâcon. L'épreuve aura lieu le 6 septembre et sera l'occasion d'une grande fête. Pierre Bagne et Christian Martin ont évoqué cet anniversaire. Le médecin de la ligue de Bourgogne de triathlon a même relaté avec beaucoup d'humour l'histoire du triathlon de Mâcon et ses débuts héroïques en novembre 1983. Un appel à toutes les bonnes volontés est d'ores et déjà lancé pour la réussite de cette 10ème édition.

Comme le beaujolais primeur...

Les différents orateurs ont souligné les résultats exceptionnels du club cette saison et le formidable esprit qui anime le T.M.C. Henri Pundyk a par ailleurs défini le rôle et les objectifs de la ligue et insisté sur la formation et l'encadrement des jeunes. Michel Brun, en grand spécialiste de la poésie viticole a fait une comparaison fruitée et parfumée entre le T.M.C. et le beaujolais primeur (bouquet, générosité, parfum, etc.). Il a d'ailleurs donné rendez-vous au T.M.C. le 23 mai 92 pour la grande soirée des Matisco. Odette Bonhomme, après avoir mis en exergue le palmarès élogieux, a assuré les responsables du soutien de la municipalité. Enfin, Armand Bouclier a conclu en félicitant Patrick Petitjean pour la lucidité de son rapport moral et en soulignant la belle convivialité régnait au T.M.C.

Le président avait le plaisir de remettre des cadeaux à Martine Dafflon, Jean-Claude Dulaurent et à Alain Lecuelle et d'offrir une éclatante gerbe de fleurs à Annick Gallet. Au nom du comité Patrick Petitjean recevait une magnifique sculpture. Et autour du verre de l'amitié qui ponctuait cette 7ème assemblée générale, chacun portait déjà un toast à la saison 92...

Jean-Michel BONNET