
2 août 2002
Un amour singulier pour le sport pluriel
Mâcon et Autun, qui accueille ce week-end les championnats de France courte distance, sont les deux porte-drapeau du triathlon départemental. Ils fondent l'essentiel de leurs efforts en direction des jeunes. Et ça paie...
Avec 771 licenciés et une quinzaine de clubs affiliés à la Fédération Française de Triathlon, la Bourgogne se situe dans l'honnête moyenne nationale (20 000 licenciés, 550 clubs). Si Dijon (123 licenciés) et son chef de file, Gilles Reboul, déchu de son titre de champion de France longue distance au début de l'été au lac des Sapins, demeurent les incontournables figures de proue du triathlon bourguignon, la Saône-et-Loire n'est pas étrangère à l'engouement sans cesse croissant pour le triple effort. De Mâcon, club historique du triathlon en Saône-et-Loire, à Autun en passant par Chalon, qui a aussi connu ses heures de gloire, Le Creusot ou Montceau, plusieurs clubs - voir encadré ci-contre - relaient les efforts de la Fédération pour donner à cette encore toute jeune discipline la place et l'écho qu'elle mérite.
Mâcon le pionnier, Autun l'héritier
Il y a une vingtaine d'années, c'est à dire à une époque où les sportifs enchaînant natation, vélo et course à pied étaient encore considérés comme de doux dingues, la cité lamartinienne a joué un rôle moteur dans le développement et la «vulgarisation» du triathlon en Saône-et-Loire. Certes, le Triathlon Mâcon Club à qui l'on doit l'accueil de plusieurs étapes du France Iron Tour et d'une finale de la Coupe de France n'occupe plus le devant de la scène comme il l'a fait si souvent dans le passé avec les Sébastien Fabre, Sylvain Dafflon, Samuel Pierreclaud, Éric Flamand, Gilles Reboul et les nombreux Australiens venus grossir les rangs des athlètes locaux. Mais il serait malvenu de sombrer dans le passéisme et de verser des larmes de crocodile. Le TMC, même s'il ne peut rivaliser aujourd'hui avec les grosses pointures de l'hexagone (Poissy, Beauvais, Sartrouville et consorts) n'en reste pas moins un club reconnu et estimé. Avec ses 99 licenciés, il est le second club de Bourgogne derrière Dijon et, après une petite période d'éclipse, la 14e édition du triathlon de Mâcon ne devrait faire que confirmer le souffle nouveau qui anime le club mâconnais.
Pour plus récente dans le temps, la conversion d'Autun au triathlon n'en est pas moins spectaculaire et significative de l'état d'esprit qui anime ce club passé de l'état de rien du tout à l'organisation d'un championnat de France en l'espace d'un peu moins de huit années.
Après une première existence couronnée par l'organisation de la finale de la Coupe de France des clubs en 1988, le triathlon renaissait de ses cendres à Autun en 1994 sous l'impulsion de 9 passionnés. Huit ans plus tard, le club frise les 100 licenciés (96 exactement) et, fort de l'organisation de deux championnats de France militaires, Autun Triathlon s'impose comme le deuxième pôle du triathlon en Saône-et-Loire et le troisième club de Bourgogne.
L'atout jeunes
A l'instar du Triathlon Mâcon Club qui, sous l'impulsion de Jérôme Guy, a infléchi depuis plusieurs années sa politique en direction des jeunes - Mâcon et Autun clubs font partie des quatre clubs formateurs labellisés FFTri avec Dijon et Chenôve - Autun Triathlon se flatte surtout d'être un des tout premiers clubs formateurs de Bourgogne.
Riche d'une cinquantaine de jeunes et d'un encadrement de qualité, son école de triathlon peut s'appuyer sur des classes à horaires aménagées de la 6ème à la 3ème, et bientôt au niveau lycée de manière à assurer la continuité avec la structure régionale d'entraînement, animée par le conseiller technique de Ligue, qui permet aux meilleurs juniors de bénéficier de créneaux d'entraînement tout en restant licenciés dans leurs clubs respectifs.
Aussi bien du côté d'Autun que de Mâcon ce pari en direction des jeunes commence à porter ses fruits. Le 2 juin dernier, le collège de la Châtaigneraie d'Autun a été sacré champion de France UNSS à Reiningue, tandis que le lycée René Cassin de Mâcon prenait une belle 9ème place en «lycées». Quinze jours plus tard, Théo Rebeyrotte (Autun) s'adjugeait une seconde consécration nationale en remportant le challenge national minimes à Yzeure.
De quoi donner raison à Philippe Lescure, son président, et la Fédération Française de triathlon qui ont fondé leur démarche sur la volonté de faire du triathlon un sport à la fois populaire et pour les jeunes, d'avoir confié à la ligue de Bourgogne et plus précisément à Autun l'organisation de ces championnats de France courte distance. D'autant qu'avec les épreuves «Avenir» de ce vendredi, les épreuves «relais» et «découverte», sans parler des championnats de France «Élite» juniors, les jeunes auront largement droit de cité à Autun, les 23, 24 et 25 août.
P. Desbois avec J.-M. Bonnet